Le bilan psychomoteur

LE BILAN PSYCHOMOTEUR

Outil premier du psychomotricien, il permet à un moment donné de : 

– Mettre en évidence les difficultés et surtout les capacités psychomotrices sur lesquelles la personne va pouvoir s’appuyer, il observe plus précisément: 

  • La qualité relationnelle
  • La dimension affective et identitaire (aspects émotionnels et relationnels, image du corps…)
  • L'activité neuro-motrice (régulation tonique, motricité, sensorialité, coordinations, schéma corporel…)
  • La mise en jeu du corps dans l’action et la relation (réactions tonico-émotionnelles, investissement dans l’espace, rythme…) 
  • La dimension cognitive (langage, mémoire, attention, espace-temps…) 

– Apprécier l’impact au quotidien  et le vécu des difficultés. 

– Observer si la personne peut/ne peut pas (frein génétique, neurologique, musculaire…?),  veut/ne veut pas (question du désir, de l'envie  de faire,  de la relation à l’autre), sait/ne sait pas (n’a pas encore appris ou assimilé les connaissances en raison notamment de son âge…).

 

Le  bilan psychomoteur se déroule de la manière suivante généralement: 

-Un entretien initial : en présence d’un proche a lieu la première rencontre. C’est le moment de faire connaissance, d’échanger autour de l’histoire de vie (antécédents médicaux, fratrie, centres d'intérêt…),  et d'exposer le motif de la consultation (difficultés rencontrées, questionnements, inquiétudes…)

-Une évaluation : passation de tests standardisés et observation spontanée. Le contenu et la durée des épreuves sont adaptées en fonction de l’âge, des possibilités de chacun, de la disponibilité physique et psychique (le bilan est ajusté par exemple si la situation est vécue comme anxiogène, si la mise en échec ou le degré de fatigabilité est trop importante…)

-La rédaction d’un compte rendu : celui-ci est restitué à l'écrit mais aussi oralement au patient, envoyé au prescripteur avec l'accord du patient. L'ensemble des données de ce bilan est confidentiel. Les résultats de ce bilan n'ont pas la prétention de cerner de manière exhaustive les mécanismes psychomoteurs ni de présager de leur évolution. Ils révèlent toutefois dans un espace-temps donné quelques éléments qui peuvent aider à mieux compendre la personne. 

-Le projet thérapeutique : le psychomotricien établit un ou plusieurs  axes de travail (objectifs) qui seront ajustés au fur et à mesure, en fonction de l'évolution de chacun. Le cadre est aussi défini (fréquence et modalités d’intervention…).

A la suite de ce bilan, le psychomotricien met en place un accompagnement, réoriente vers des bilans complémentaires et/ou va simplement rassurer la personne et son entourage. Il peut aussi donner quelques recommandations et conseils si besoin (parents, école).

Le nombre de séances ne peut être défini à l’avance, il est  fonction de la régularité, de l’adhésion et de l’évolution de la personne et de sa famille. Des points oraux sont établis systématiquement et régulièrement et un bilan d’évolution est parfois proposé au cours de l’accompagnement pour juger la pertinence de poursuivre ou non le soin psychomoteur. 

 

Il est important de préciser que le psychomotricien émet des hypothèses (troubles praxiques, retard de développement psychomoteur, troubles du spectre autistique…) mais il ne peut EN AUCUN CAS affirmer ou poser un dianostic médical (dyspraxie, trisomie…) : même s'il contribue par ses observations à le préciser, c'est le regard de plusieurs professionnels  paramédicaux (orthoptiste, psychomotrien, orthophoniste…) croisé à l'évaluation clinique du médecin (pédopsychiatre, pédiatre, gériatre…) qui permet d'indiquer la nature précise d'un trouble.